Le président Félix-Antoine Tshisekedi ne participera pas à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. La République démocratique du Congo sera représentée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Si Kinshasa n’a officiellement fourni aucune justification à ce changement, RFI l’attribue aux restrictions sanitaires imposées par les États-Unis en raison de l’épidémie d’Ebola.
Ce que Kinshasa a officiellement annoncé
Le dimanche 20 septembre 2026, le gouvernement congolais a annoncé que la Première ministre conduirait la délégation de la RDC aux travaux de haut niveau prévus du 22 au 26 septembre à New York. Judith Suminwa doit y porter la position congolaise sur la paix, la sécurité, le développement durable et la coopération internationale. Le communiqué n’a cependant pas expliqué pourquoi le chef de l’État, habituellement présent à ce rendez-vous diplomatique, avait renoncé au déplacement.
La révélation de RFI
Dans un article publié le 21 septembre, RFI affirme, sur la base de plusieurs sources, que cette absence est liée aux mesures américaines visant les voyageurs en provenance de pays touchés par Ebola. Le média ne rapporte toutefois ni une déclaration publique de Washington visant personnellement Félix Tshisekedi, ni un refus officiel de visa ou d’admission sur le territoire américain.
Des restrictions effectivement en vigueur
L’existence des mesures sanitaires américaines est confirmée. Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies, CDC, a prolongé jusqu’au 11 octobre 2026 un dispositif concernant certains ressortissants étrangers ayant séjourné ou transité, au cours des 21 jours précédents, en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud. La mesure, entrée en vigueur le 11 septembre, vise à limiter le risque d’importation de la maladie à virus Ebola aux États-Unis.
Il ne s’agit pas d’une interdiction visant uniquement Tshisekedi
La mesure américaine n’a pas été prise spécialement contre le président congolais et ne constitue pas une sanction politique dirigée contre la RDC. Elle s’inscrit dans un dispositif sanitaire plus large concernant plusieurs pays affectés. Les règles américaines prévoient, en outre, des exceptions pour certaines catégories de personnels gouvernementaux ou militaires, ainsi que pour des cas humanitaires, sanitaires ou sécuritaires approuvés par les autorités compétentes.
Cette précision est essentielle : la réglementation n’établit pas nécessairement une interdiction automatique et absolue pour tous les responsables congolais. Elle peut toutefois entraîner des contrôles, des démarches supplémentaires ou la nécessité d’obtenir une dérogation. À ce stade, aucune autorité n’a publiquement précisé si une exception avait été sollicitée pour Félix Tshisekedi, si elle avait été refusée ou si Kinshasa avait préféré renoncer au déplacement par précaution.
Une épidémie toujours préoccupante
La RDC fait face à une situation sanitaire grave. L’Organisation mondiale de la santé a signalé en septembre 2026 que l’épidémie continuait de progresser et de provoquer des décès, malgré certains signes encourageants dans la réponse médicale. Cette évolution explique le maintien de mesures de surveillance et de restriction par plusieurs pays, même si les autorités sanitaires internationales mettent généralement en garde contre les limitations de voyage disproportionnées susceptibles d’isoler les pays touchés.
Pourquoi Judith Suminwa peut-elle se rendre à New York ?
La présence de la Première ministre n’est pas contradictoire avec l’existence des restrictions. Leur application dépend notamment des déplacements effectués durant les 21 jours précédents, du statut du voyageur et des dérogations éventuellement accordées. Il est donc possible que certains membres de la délégation soient admissibles tandis que d’autres rencontrent davantage de contraintes.
Ce que cette absence change diplomatiquement
La représentation de la RDC demeure assurée au plus haut niveau gouvernemental. Judith Suminwa peut prendre la parole au nom de l’État, participer aux rencontres bilatérales et défendre les priorités diplomatiques du pays. L’absence du président réduit néanmoins la possibilité de rencontres directes entre chefs d’État, particulièrement importantes dans un contexte marqué par la guerre dans l’est de la RDC, les tensions avec le Rwanda et la recherche d’un soutien international accru.

