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Affaire AFDC en RDC : un ancien cofondateur rejette le « comité de crise » et rétablit sa vérité sur la gestion de Modeste Bahati

Un ancien cofondateur de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) est sorti de sa réserve pour réagir aux déclarations d’Otto Bahizi et de ses soutiens. En raison de ses nouvelles responsabilités, qui lui imposent un devoir de réserve et lui interdisent de commenter publiquement les faits politiques ou de s’y impliquer, il a requis l’anonymat. Se disant néanmoins préoccupé par la propagation d’informations qu’il juge contraires à la vérité, il a décidé d’apporter des éclaircissements sur le fonctionnement du parti et la gestion de son Président national statutaire, le Professeur Modeste Bahati Lukwebo.

Un « comité de crise » sans fondement statutaire

D’après cet ancien cofondateur de l’AFDC, le prétendu « comité de crise » ne dispose d’aucun fondement juridique ou statutaire. Une telle structure, affirme-t-il, n’est prévue par aucune disposition des Statuts officiels du parti déposés et enregistrés auprès du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.

Il rappelle que la Commission de discipline constitue l’organe statutaire habilité à examiner les manquements reprochés aux membres du parti. C’est cette commission qui a établi les actes de rébellion reprochés à Otto Bahizi et Patrick Munyomo, avant que le Collège des fondateurs ne prononce leur radiation de l’AFDC.

Pour cet ancien cadre fondateur, toute déclaration, décision ou initiative prise au nom de ce « comité de crise » est, par conséquent, dépourvue de légitimité et ne peut engager ni l’AFDC, ni ses organes statutaires, ni ses membres.

« Les ambitions individuelles et les constructions de circonstance ne peuvent pas se substituer aux Statuts, aux décisions régulièrement prises et aux institutions légitimes du parti », insiste cette source.

Les accusations de tribalisme et de népotisme rejetées

L’ancien cofondateur rejette également les accusations de tribalisme et de népotisme dirigées contre le Professeur Modeste Bahati Lukwebo. Selon lui, l’histoire de l’AFDC démontre que la méritocratie, la compétence et la diversité nationale ont constamment guidé le choix des cadres proposés aux différentes responsabilités publiques.

Il estime que les personnes qui utilisent aujourd’hui ces accusations devraient commencer par examiner les pratiques observées dans leur propre camp. Il rappelle que, depuis la création de l’AFDC, des cadres originaires de plusieurs provinces ont bénéficié de la confiance et des recommandations du Professeur Modeste Bahati Lukwebo.

L’ancien cofondateur cite notamment Otto Bahizi, originaire du Nord-Kivu, qui a été proposé par le Professeur Modeste Bahati Lukwebo comme conseiller à la Primature sous Jean-Michel Sama Lukonde. Il a exercé cette fonction pendant trois ans pour le compte de l’AFDC.

Il évoque également Thierry Betu, originaire du Kasaï, qui a exercé les fonctions de conseiller au ministère de l’Intérieur, sur recommandation du Professeur Modeste Bahati Lukwebo ; de conseiller au ministère du Plan, au sein du cabinet de ce dernier ; puis de conseiller au ministère de l’Emploi et du Travail, toujours sur sa recommandation.

Rémy Musungayi, également originaire du Kasaï, a pour sa part exercé les fonctions de directeur de cabinet du Professeur Modeste Bahati Lukwebo lorsque celui-ci dirigeait le Sénat.

Des cadres issus de différentes provinces

Pour démontrer l’ouverture nationale de l’AFDC, l’ancien cofondateur mentionne aussi Chimène Polipoli, originaire du Katanga, administratrice à la Banque centrale du Congo et questeure de l’Assemblée nationale ; la sénatrice Vicky Katumwa, également originaire du Katanga, présidente du Conseil d’administration du Fonds de promotion de l’industrie ; ainsi que Marc Ekila, originaire de l’Équateur, qui a successivement exercé les fonctions de vice-ministre, ministre et ministre d’État.

Il cite également Joseph Kokonyangi Witanene et Jean-Marie Kalumba, tous deux originaires du Maniema et anciens ministres, respectivement, de l’Urbanisme et de l’Habitat et de l’Économie nationale.

Adèle Kahinda et Ferdinand Massamba, originaires du Katanga, figurent aussi parmi les personnalités mentionnées. La première a exercé les fonctions de ministre d’État, ministre du Portefeuille, tandis que le second occupe les fonctions de ministre de l’Emploi et du Travail.

L’ancien cofondateur cite, en outre, William Kazumba, originaire du Kasaï et ancien directeur général de l’Office de gestion du fret multimodal, ainsi qu’Adèle Degbalase Kanda, originaire de l’Équateur et ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale.

Selon lui, cette liste, qui n’est pas exhaustive, démontre que les responsabilités attribuées au titre du quota de l’AFDC n’ont jamais été réservées aux membres d’une même famille, d’une même communauté ou d’une seule province.

Seulement trois ministres du Sud-Kivu en seize ans

Pour répondre plus directement aux accusations de tribalisme, la source rappelle qu’en seize années d’existence de l’AFDC, seules trois personnalités originaires du Sud-Kivu ont été nommées membres du Gouvernement au titre du quota politique du parti : le Professeur Modeste Bahati Lukwebo, Claudine Ndusi et Arlette Bahati Tito.

Concernant Arlette Bahati Tito, l’ancien cofondateur souligne qu’elle n’a été proposée au Chef de l’État qu’en 2025, soit quinze ans après la création de l’AFDC. Sénatrice élue de la ville-province de Kinshasa et ancienne présidente de la Commission Environnement du Sénat, elle a été recommandée par le Bureau politique du parti en raison de ses compétences, de son expérience et de la qualité de son travail.

« Le Professeur Modeste Bahati Lukwebo avait déjà ses enfants au moment de la création de l’AFDC. Pourtant, ce n’est qu’après quinze années d’existence du parti que l’une de ses filles a été proposée au Gouvernement. Parler de népotisme dans ces conditions ne correspond pas aux faits », soutient l’ancien cofondateur.

Il relève aussi que certaines personnes qui accusent aujourd’hui le Président national statutaire de l’AFDC ont elles-mêmes bénéficié, par le passé, de sa confiance, de son soutien et de ses recommandations auprès des institutions publiques.

Un soutien réaffirmé au Chef de l’État

Malgré les tensions internes, cet ancien cofondateur affirme que les agitations actuelles ne modifieront ni l’orientation politique de l’AFDC ni son engagement au sein de la majorité présidentielle.

Il réaffirme ainsi le soutien du parti au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et à sa vision en faveur d’un Congo uni, pacifié, souverain, émergent et prospère.

La source appelle les membres et sympathisants de l’AFDC à ne pas céder à ce qu’elle qualifie de campagne de manipulation et de désinformation. Elle insiste sur le fait que seuls les Statuts, les organes régulièrement établis et les décisions prises conformément aux procédures internes peuvent valablement engager le parti.

« Tout ce qui s’observe aujourd’hui doit porter un autre nom que celui de tribalisme ou de népotisme. On entend continuellement : “Bahati ceci, Bahati cela.” Je crois qu’il s’agit soit d’une peur suscitée par l’ascension remarquable de l’AFDC en si peu de temps, soit d’une stratégie visant à écarter d’avance le Professeur Modeste Bahati Lukwebo d’une future compétition démocratique, avant même qu’il n’ait exprimé une quelconque position à ce sujet. Pourtant, à ce jour, il continue de soutenir clairement le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo », déclare l’ancien cofondateur.

« Mon devoir de réserve m’empêche désormais de participer aux débats politiques. Mais mon silence ne doit pas être interprété comme une acceptation du mensonge. En tant qu’ancien cofondateur, je me suis senti dans l’obligation morale de contribuer au rétablissement de la vérité », conclut-il, avant d’ajouter que « l’AFDC reste debout, unie et déterminée à poursuivre son combat au service de la République démocratique du Congo et aux côtés du Chef de l’État ».

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