En marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le président burundais Évariste Ndayishimiye a livré un panorama sans concession de la crise sécuritaire qui secoue la région des Grands Lacs. Au micro de la presse internationale, le chef de l’État a multiplié les charges directes contre le Rwanda, exposant au grand jour les fractures diplomatiques qui paralysent la sous-région.
Au cœur du réquisitoire burundais figure le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, où Bujumbura est militairement engagé aux côtés des forces congolaises. Pour Évariste Ndayishimiye, la grille de lecture présentée par Kigali ne tient plus. Le président burundais conteste ouvertement l’argument sécuritaire brandi par le Rwanda au sujet de la menace des FDLR, estimant que cette justification masque des ambitions géopolitiques et économiques beaucoup plus profondes dans la région. Selon lui, aucun retour à la stabilité ne sera possible sans un désengagement total et effectif du voisin rwandais.
Malgré la multiplication des médiations régionales et les timides avancées diplomatiques observées sous l’égide de partenaires internationaux, la méfiance reste maximale. Bujumbura continue de considérer Kigali comme une menace directe pour sa propre sécurité nationale, illustrant l’impasse dans laquelle se trouvent les processus de paix actuels.
Au-delà du dossier congolais, le dirigeant burundais s’est également exprimé sur les retombées des récents accords internationaux, l’impact des sanctions et les discussions autour de l’accueil de flux migratoires sur le sol burundais. En choisissant la tribune new-yorkaise pour exprimer ses griefs, Évariste Ndayishimiye envoie un message clair : le Burundi refuse le statu quo et exige une révision radicale des relations de voisinage dans les Grands Lacs.

