Un crash qui décapite la justice militaire, un général controversé qui refait surface et une dépouille retenue à la morgue : depuis vendredi, trois affaires enflamment les fils d’actualité congolais.
1. Le crash de Kenge, entre deuil national et polémiques

Le sujet écrase tous les autres depuis vendredi 25 septembre. L’accident a fait 17 morts selon le nouveau bilan officiel, dont le lieutenant-général Joseph Mutombo, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia, auditeur général des FARDC. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national et la mise en berne des drapeaux dès ce lundi 28 septembre, jusqu’à l’inhumation des victimes. La compagnie Tracep Congo Aviation, qui exploitait l’appareil, a été suspendue samedi soir.
En ligne, les débats partent dans plusieurs directions. Le rôle de Likulia, qui avait requis la peine de mort contre Joseph Kabila, nourrit des lectures politiques et des vidéos complotistes sans fondement. Un autre sujet monte depuis samedi : la société civile du Kwango demande une enquête sur l’ancien aérodrome de Kenge, qui aurait été désaffecté puis vendu il y a environ huit ans par l’exécutif provincial de l’époque. L’avion, en difficulté, n’avait en effet aucune piste pour se poser.
2. Le retour du général Ekenge, Kigali monte au créneau

Le crash a eu un effet inattendu : c’est dans le communiqué de l’armée sur l’accident que le général-major Sylvain Ekenge est réapparu comme porte-parole des FARDC, près de neuf mois après sa suspension pour des propos visant les femmes tutsi, sans qu’aucune annonce officielle n’ait précédé ce retour. Le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, a dénoncé une décision « troublante et indécente » et accusé Kinshasa d’avoir glissé la nouvelle « presque en catimini ». Sa réaction a déclenché une nouvelle passe d’armes entre internautes congolais et rwandais.
3. Manassé Lomboto : la dépouille qui divise

Troisième sujet, plus politique : samedi 26 septembre, la levée du corps de Manassé Lomboto, cadre de l’ADD Congo et membre de la coalition d’opposition C64, a été empêchée à l’hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa. Le parquet de Kinshasa/Kalamu a ordonné que la dépouille reste à la morgue, dans le cadre d’une enquête ouverte sur son décès lors de la marche de la C64 du 15 septembre.
C’est une vidéo de l’opposant Prince Epenge, diffusée sur les réseaux sociaux, qui a fait exploser l’affaire en ligne. Il y dénonce le blocage de la morgue par des policiers et affirme que quiconque se présentait comme membre de Lamuka, de la C64 ou de l’ADD Congo était refoulé. Il a aussi comparé la situation à celle de Rossy Mukendi, militant tué en 2018, ce qui a ravivé de vieilles blessures. La police n’a pas répondu publiquement à ces accusations.

